Tempête d'automne

Oh ! Toi, Dieu Éole,
Que personne n'implore,
Toi dont la brise du soir,
Tel un baiser d'amour,
Fait vibrer notre coeur.
Ton zéphir matinal assèche la rosée,
Alors qu'en juillet,
Pour les moissons toutes proches,
Ton haleine parfumée
Fait chanter les épis
Muris au grand soleil
Dans les champs tout dorés,
Hélas, tes grands sourires
Ont des violences cachées.
Ton esprit devient fou
Devant ces grands marins
Que tu juges petits.
Tu ne te contrôles plus
Et tu deviens féroce,
Sachant qu'un seul souffle de toi
Peut changer leur destin.
Devant tant de violence
L'océan se déchaine,
Ne pouvant tolérer tes furieux agissements.
Alors, dans la mélée,
Ne se controlant plus,
La mer grossit ses vagues

En d'énormes barrages,
Oubliant ses enfants
Qui, dans leurs grands voiliers,
Se dressent, courageux,
Luttant en valeureux marins
Contre ce dieu des vents
Et celle qui, hier encore,
Nourissait leur passion.
Au coeur de l'océan les Sirènes s'agitent,
Croyant entendre au loin,
Venue du fond des temps,
La mauvaise prière.
Mais voici le grand seigneur,
Le maître de céans,
Qui réchauffe l'Univers
De ses rayons puissants,
Apaisant le courroux des gros belligérants.
Et puis c'est le croissant de lune
Qui grossit son quartier
Tandis que Saint Martin,
Son été sur le dos,
Bénit nos grands voiliers
Qui, là-bas taillent la route,
Au gré des vents marins
Qui jalonnent leur course.

Marie-Louise COTREL
16 novembre 2002

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Ce texte a été inspiré à madame Cotrel
par la tempête qui s'est abatue méchamment
sur les concurents de la Route du Rhum 2002.